Explication (aaah non pas ce mot, il réveille trop de chimères) : l'un des sujets de philosophie - je le rappelle, matière la plus importante ET la plus aléatoire du bac L, lui-même véritable puits d'incertitudes - consistait à expliquer un texte de Schopenhauer. Ce texte, il se trouve que je le connaissais bien. Nous avions étudié un de ses jumeaux au cours de l'année - oui, dans Le monde comme volonté et comme représentation, Schopenhauer ne s'éloigne pas tellement des thématiques de base de sa pensée, c'est-à-dire : bonheur, désir, souffrance - et je pensais donc, à juste titre, que j'avais beaucoup de chance. Quelle ne fut pas ma surprise en découvrant vendredi soir que, non seulement la thèse et le plan que j'avais dégagés étaient inexactes, mais en plus, l'explication se devait d'avoir une colonne vertébrale - la PROBLEMATIQUE. Ô rage, Ô désespoir, qu'est-ce que c'est que cette histoire de problématique ? Jamais notre cher professeur n'avait mentionné ce point, et jamais, de toutes les explications de textes qui m'ont été rendues, mes résultats en la matière ne se sont éloignés du 14,5. Trahison ! Monsieur Dumou, que j'estime énormément, aurait-il cautionné l'ERREUR ? Le mystère est entier.
Qu'est-ce que ça signifie ? Et bien, tout simplement que tout va se jouer au niveau de la répartition des copies : avec un correcteur pointilleux, je peux espérer, tout au plus, un 8, avec un être compatissant, ma note peut aller jusqu'au 14.
Nota : j'ai pris le temps de me rassurer : il se trouve que le découpage peut très bien être différent de celui conseillé, du moment qu'une logique est perceptible, que ma thèse n'est finalement pas si éloignée de celle de l'auteur (quoique...), que je n'ai fait aucun contresens, que ma problématique existe bel et bien, même si elle n'est mentionnée qu'au milieu de mon devoir, et que c'est bien celle sur laquelle la plupart des gens ont choisi de se pencher.
Vous vous en doutez bien, ces arguments bien fragiles ne me consolent en rien. La chose la plus insupportable, dans ma situation, c'est l'incertitude, cette tension continue qui a pollué mes heures de révision. Au milieu de cette stupide composition sur l'Asie orientale ce matin, j'étais hantée par le souvenir de ce que Schopenhauer avait osé me faire. Aujourd'hui, et jusqu'à la dernière fraction de seconde, j'appréhenderai affreusement la déception du 7 juillet...
J'adore Schopenhauer, en réalité, ce qu'il dit est très vrai, bien que profondément déprimant... Il faut aller au-delà, comme je l'ai expliqué dans ma partie critique, le désir c'est super chouette. Parfaitement, c'est ce que j'ai dit.
Monsieur Coco, au sortir de l'histoire-géo, a trouvé judicieux de démolir mon sentiment de satisfaction - "je pense que ça a été" ai-je prononcé joyeusement avant de lui exposer mon plan, à sa demande - en m'expliquant que je n'avais pas du tout traité les bons aspects du sujet et que ma compo était merdique. Sur quoi j'ai haussé les épaules : j'avais quand même l'impression d'avoir fait mieux que d'habitude - ça pouvait difficilement être pire.
L'Allemand et l'Anglais ne m'ont jamais paru aussi simples, bien que la notation à l'examen soit certainement plus sévère que celle de Stefane-chou. A propos de ce cher prof d'Allemand, je regrette un peu de n'avoir pas eu plus longtemps cours avec lui, je pense que j'aurais beaucoup progressé, c'est fou à quel point ça m'a aidé en un laps de temps aussi restreint...
Ma dissertation et mon analyse de culture artistique semblent, comme d'habitude, quelque peu capilotractées, mais que dire d'un tableau de Basquiat plein de bouts de papier collés ? Je suppose que si tous les profs sont comme Marie-Do alias R.Mutt, tout ça mérite bien une putain de note de fou.
Enfin, la littérature... Il se trouve qu'en regardant les corrigés, j'ai noté un point positif et un point négatif. Le point négatif, c'est qu'apparemment les profs veulent des éléments beaucoup plus précis que ceux que j'ai utilisés. Le point positif, c'est que mon devoir est beaucoup plus long, beaucoup plus structuré et beaucoup mieux d'un point de vue analytique que ce qui est attendu - c'est mon impression.
Reste l'oral d'Arts Plastiques, une bagatelle puisque, que mon discours soit pertinent ou pas, si le prof est de bonne humeur, c'est gagné, s'il est de mauvais poil, c'est perdu. C'est triste à dire mais la notation de la pratique artistique est sûrement encore plus aléatoire et arbitraire que celle d'une copie de philo.
Verdict post-oral : ce fut une catastrophe, et tout ça parce que j'avais des scrupules éthique quant à annoncer mon christ en croix comme un avatar contestataire et blasphématoire. C'était exactement ce que l'examinatrice voulait entendre, manque de bol. M'enfin... Allez, un p'tit 12... On y croit... S'il vous plaît madame T_T
Je peux donc dès maintenant dire adieu au lycée - enfin j'espère ^^D. Curieusement, je ne ressens qu'un très léger pincement au coeur. Pourquoi ? Parce que la grande aventure de la vie m'attend.



